L’apparition de la marche

La marche… une étape indispensable et tant attendue ! Rappelons-nous ces premiers pas, le mélange d’excitation et d’inquiétude, puis la jubilation de pouvoir partir à la conquête du monde…

Comment se déroule l’acquisition de la marche chez bébé ?

Il faut d’abord tenir la station debout bipodale, que l’on constate autour de 9 mois. Ensuite, l’enfant va devoir passer à la station et l’appui unipodal. Et oui, pour marcher, il faut se déstabiliser, se « mettre en danger », se déséquilibrer et se propulser vers l’avant pour avancer (entre 9 et 15 mois). La marche, c’est donc une alternance d’appuis monopodaux et bipodaux des membres inférieurs, en une série d’oscillation symétrique, permettant le déplacement en avant.

Pour apprendre à marcher, votre bébé doit au préalable savoir tenir sa tête. Celle-ci est un élément fondamental et stabilisateur pour l’équilibre postural (c’est-à-dire pour savoir tenir une position, sans bouger, sans tomber, sans perdre l’équilibre).

La marche demande également une coordination entre le haut et le bas du corps, le bassin devenant peu à peu le lieu de stabilisation de l’équilibre. C’est pourquoi nous considérons que la marche commence dès que l’enfant expérimente la station debout. Vous verrez votre enfant jouer avec ses jambes, ses pieds, plier les genoux, essayer de s’accroupir puis de se relever…

Enfin, l’enfant doit acquérir une certaine musculature. En effet, ce poids du corps demande un certain tonus dans les jambes, et une équilibration entre les muscles extenseurs et les muscles fléchisseurs des jambes. Il faut alors que l’enfant maitrise suffisamment le poids de son corps en position statique avant de pouvoir s’élancer en se déplaçant et donc en marchant !

Ce qu’il faut faire et ne pas faire pour accompagner votre bébé durant cette étape

La meilleure des choses serait… de ne rien faire ou presque ! Il est important que l’enfant expérimente et essaie de lui-même, apprenne à porter son poids du corps, fasse des essais-erreurs, pour trouver SA façon de marcher. Ainsi, votre rôle ne sera pas tant de lui tenir la main ou les bras (il a besoin de les avoir libres pour maintenir son équilibre seul !) mais plutôt d’aménager son espace propre et son espace environnant. Par son espace propre, on entend son corps, ou plutôt sa manière de s’habiller. Pas de vêtements trop serrés dans lesquels il ne pourrait pas avoir une liberté de mouvement (par exemple, jeans slim). De même, il est important de le laisser expérimenter pieds nus : pas de chaussons trop rigides ou de chaussettes risquant de le faire glisser. Marcher pieds nus est la meilleure façon pour lui de stabiliser son équilibre, de ressentir la plante du pied, de coordonner ses pas !

Ensuite, aménager son espace environnant : quand on apprend à marcher, on est concentré sur la complexité du mouvement à effectuer. L’enfant ne peut pas s’adapter en plus à l’espace qui l’entoure. Alors à vous de sécuriser cet espace là: peu de dénivelé et de tapis en tout genre, une surface la plus plane possible, et peu d’obstacles sur son chemin ! Il pourra évoluer et expérimenter en toute sécurité et prendre confiance peu à peu dans les nouvelles capacités de son corps !

Selon l’enfant et l’espace que vous avez, les débuts de la marche peuvent s’effectuer avec un soutien par un chariot de marche ! L’enfant pousse un chariot qui maintient et retient, stabilise son équilibre. Beaucoup sont maintenant évolutifs et l’enfant pourra ensuite l’utiliser comme contenant… Je vous conseille de privilégier un chariot de marche en bois, bien stable et ne risquant pas de basculer !

Par ces menus aménagements, vous mettez tout en place pour que votre enfant développe une confiance en ses possibilités, en son corps. Vous augmentez son estime de lui-même et c’est bien cela, finalement, votre plus grand rôle ! La marche viendra tout seul ensuite, et vous ferez de votre bébé un adulte autonome et confiant dans ses capacités !

Quand faut-il s’inquiéter ?

Il est compliqué de répondre à cette question de manière formelle… Chaque enfant est différent et c’est ce que l’on observe en accompagnant leur développement psychomoteur. Celui-ci est un tout, et un enfant ne progresse ni au même rythme ni dans les mêmes domaines qu’un autre enfant du même âge… Disons qu’en tant que professionnels, on s’inquiète si la marche n’est pas acquise après 18 mois. On dit qu’entre 12 et 18 mois, c’est une période « sensible » c’est-à-dire très favorable à cet apprentissage.

Afin d’inciter votre enfant à se déplacer (à sa manière) et à trouver la marche, essayez de ne plus lui amener les jeux à sa portée mais à lui demander d’aller les chercher. Puis à se hisser et tenir debout pour aller chercher des jeux en hauteur. A la maison, les premiers pas se font souvent par le cabotage, c’est-à-dire debout, en appui contre une paroi (canapé, table basse, chaise…) l’enfant se déplace sur le côté. Les premiers pas viennent ensuite peu à peu, à proximité de zones où se rattraper, avant d’aller en grande ligne droite !

Surtout, sachez que rien que ces essais/erreurs vont aider votre enfant même s’il vous semble prendre son temps. Si vous êtes inquiets, n’hésitez pas à en parler autour de vous, à la crèche, chez votre pédiatre, auprès d’une psychomotricienne. Ils vous guideront dans l’observation de votre enfant et pourront vous donner des idées intéressantes pour le stimuler. Enfin, résistez à l’appel du Youpala. Dangereux, inutile, contrairement à ce qui est annoncé, il n’aide en rien à l’apparition de la marche et amène plutôt diverses difficultés par la suite !

Marie Thérain,
Psychomotricienne, Enseignante, Formatrice Petite Enfance
Vous aimez l’article ?
Vous adhérez à notre concept ?
Suivez-nous sur Facebook et Instagram
Facebook  Instagram

0 comments on “L’apparition de la marche