Les différentes causes d’infertilité

De nos jours, on estime qu’un couple sur sept sera amené à consulter pour des difficultés à concevoir. L’infertilité toucherait 8 à 12% des couples en âge de procréer dans le monde, pour lesquels une assistance médicale à la procréation (AMP) pourra ainsi s’avérer nécessaire. Le nombre d’enfants conçus par AMP parmi les enfants nés chaque année en France augmente légèrement depuis 2009 (2,6% en 2009, 3,1% en 2015 et 2016). On estime qu’un enfant sur 32 est issu d’une AMP (données ABM 2018).

Quelle différence entre l’infertilité et la stérilité ?

L’infertilité est l’incapacité pour un couple à concevoir, c’est à dire à débuter une grossesse. La stérilité est l’incapacité totale et définitive pour un couple à concevoir. 

Quelles sont les causes d’infertilité ?

Il existe de nombreuses causes d’infertilité. Dans un couple, l’infertilité est dans 30% des cas masculine, 30% des cas féminine, 20% des cas mixte et les 20% restant sont dits idiopathiques, inexpliqués à ce jour. Nous savons aujourd’hui que la fertilité peut être affectée par de multiples facteurs détaillés ci dessous. Le mode de vie influence également la fertilité. Il est important de limiter au maximum la consommation de tabac, d’alcool, de drogues ainsi que les extrêmes pondérales (obésité, maigreur) et le stress.

Les causes masculines peuvent être d’origine testiculaire (varicocèle, cryptorchidie, syndrome de klinfelter, anomalies génétiques du bras long du chromosome Y, antécédent de radio ou chimiothérapie, traumatisme testiculaire, …).

Elles peuvent également être d’origine post testiculaire de nature obstructive (agénésie vésiculo déférentielle, post-infection, post-chirurgie,…) ou sécrétoire (infection, inflammation, auto-immune, …)

Beaucoup plus rarement, l’infertilité masculine peut être d’origine centrale (troubles endocriniens congénitaux ou acquis). 

Ces différentes causes peuvent entrainer une diminution de la quantité et/ou de la qualité des spermatozoïdes décrites sous les termes OATS (oligo-asthnéo-tératospermie) voire une azoospermie (absence de spermatozoïde dans l’éjaculat).

Les causes féminines peuvent être d’origine ovulatoire comme le syndrome des ovaires polymicrokystiques (SOMPK), l’hyperprolactinémie, l’ insuffisance ovarienne primitive, le déficit gonadotrope (FSH et LH basses), ou plus rarement à une anomalie endocrinienne (dysthyroïdie ou hyperandrogénie surrénalienne).  Les causes ovulatoires sont fréquemment retrouvées en cas d’infertilité féminine.

L’infertilité peut également être d’origine mécanique (malformations utérines comme des cloisonnements, des synéchies, des polypes, des fibromes ou un endomètre fin, un obstacle tubaire lié à une infection, un traumatisme ou une endométriose).

Enfin l’endométriose est aussi une cause fréquente d’infertilité. 30 à 40% des femmes ayant une endométriose connaissent des problèmes d’infertilité.

Quand consulter ? 

Il est communément admis qu’après un an sans début de grossesse dans un couple ayant des rapports réguliers et sans contraception chez une femme jeune (moins de 35 ans), le couple doit consulter un médecin spécialisé en AMP afin de réaliser un bilan.   Cependant, il n’y a pas de délai avant prise en charge si une cause d’infertilité a été identifiée chez l’homme, la femme ou les deux membres du couple ou en cas d’âge féminin avancé. Le bilan d’exploration d’un couple infertile doit être menée parallèlement chez les deux partenaires.

Si tu avais à dire un petit mot à chacune de ces femmes, que leur dirais-tu pour les déculpabiliser et les rassurer?

Le parcours en AMP est souvent vécu comme un parcours du combattant  avec des investigations longues et de nombreux « ascenseurs émotionnels ».

Il est souvent difficile pour les couples d’accepter la médicalisation et l’intrusion d’un tiers dans cette partie si intime de la vie amoureuse. La vie sexuelle du couple est mise à rude épreuve avec des rapports « utiles » et donc une baisse naturelle du désir. 

Les différents examens réalisés pour le bilan de l’infertilité, peuvent être perçu comme une enquête menée pour chercher « le coupable ». L’homme peut aussi se sentir exclu car la femme est au centre de l’intérêt de l’équipe. 

La communication dans le couple et avec l’équipe médicale et paramédicale reste la clef pour vivre au mieux cette épreuve qu’est la prise en charge en AMP.

Si l’équipe médicale semble parfois peu disponible, il ne faut pas hésiter à consulter le psychologue du service, bien informé des difficultés rencontrées en AMP. Aujourd’hui les patients s’orientent également vers les réseaux sociaux où il est parfois plus facile de se livrer et d’échanger avec des personnes vivant les mêmes expériences. 

Le premier sentiment est souvent celui de l’injustice : « pourquoi nous ? », « tout le monde y arrive ». S’ajoute également la culpabilité « qu’avons nous fait pour mériter ça ?». 

La fécondation conserve sa part de mystère et d’incertitude. Le hasard de la vie garde ses droits et aucune technique ne maitrise totalement l’aboutissement d’un projet de grossesse.  Mais il faut toujours garder l’espoir, éviter de se comparer aux autres car chaque couple à sa propre histoire. Le plus important est de rester soudé, de communiquer et de continuer à s’aimer comme au premier jour!

Cécile Edel
Je suis Médecin Biologiste et exerce depuis 6 ans en aide médicale à la procréation.
J’aime cette spécialité en constante évolution scientifique et j’essaye de travailler avec beaucoup d’humanité. Jeune maman, je souhaite à tous les couples que je vois en consultation de connaitre un jour ce bonheur! Pour mon équilibre et la sérénité du foyer, je m’accorde une à deux séances de sport par semaine. 
 
 
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