« Non »! : La phase d’opposition ou la voie vers l’autonomie 1/2

«Non» semble être son nouveau mot préféré. Faire la queue à la caisse du supermarché devient une torture tant à chaque instant la vue d’un objet convoité ou pire, aucune raison visible, peut déclencher un déluge de pleurs.

L’âge entre deux et quatre ans met les parents face à un défi tout particulier. Notre enfant commence à réaliser qu’il obtient avec un « non » des réactions plus nombreuses et plus claires qu’avec un «oui». Dire «non» et piquer une colère représentent, comme tant de jeux d’enfants, un jeu d‘émancipation. Le jeune enfant découvre par celà de nouvelles facettes de lui-même comme de ses proches. En disant non aux petites choses, il apprend tout d’abord la profonde signification du mot. C’est seulement ainsi qu’il pourra plus tard utiliser ce «non» pour sa propre défense. Dire non est sans aucun doute le début de son identité et de son autonomie.

La seule question est: comment le gérer?
Si l’enfant développe sa personnalité en disant non, alors autant tolérer toutes les oppositions pour l’encourager le plus possible, non?

NON!
Le «non» est au début un test, un apprentissage de la réaction des parents. Au fur et à mesure il permet d‘explorer les limites. Qu’est-ce qui est possible? Quelle est la marge de manoeuvre? Quand atteint-on le point où les parents posent des limites? C’est un jeu qui nécessite deux joueurs : l’un qui explore et bute contre les limites et l’autre, qui garde à l’oeil les frontières et les défend si nécessaire. Au bout d’un certain temps, l’enfant va peu à peu apprendre à reconnaître l’ampleur de ses possibilités et les limites en jouant. Par exemple en cas de danger, l’enfant et l’adulte apprennent tous les deux quelque chose pendant cette phase dite d’opposition : l’enfant apprend ses frontières et à les respecter, l’adulte apprend à se restreindre à l’essentiel pour ménager ses propres forces.

Il faut ici l’annoncer d’emblée : même si les enfants peuvent être à cet âge-là facilement pénibles et énervants, leur rejet n’est jamais personnel. Ils ne veulent pas énerver leurs parents. Ils veulent tout simplement se démarquer, prendre la mesure de leur marge de manoeuvre et échanger avec leurs parents. Soyons clairs : les parents qui donnent à leur enfant tout ce qu’il exige et posent peu de limites, se simplifient trop la vie.

L’adulte a besoin d’une denrée de plus en plus rare pour parvenir à être un partenaire de jeu intéressant : le loisir de le faire. Il faut parfois du temps et des nerfs pour patienter jusqu’à ce que la crise soit passée, que l’enfant se soit calmé et que la vie puisse reprendre son calme. Evidemment, en tant que mère de trois enfants, je n’ai souvent pas réussi à rester calme, j’ai perdu patience et mon esprit calme. Après coup, j’ai à chaque fois repensé à la façon dont j’aurais dû réagir. Avec le temps, j’ai appris à ne pas trop culpabiliser de mes mauvaises réactions et à décider de faire mieux la prochaine fois. Les enfants ressentent très sensiblement qu’ils sont aimés même si la patience nous fait défaut ou que nous ne leur permettons pas tout.

 

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